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ADAE : Chroniqué sur le blog éco-sapiens Adae, au coeur du roman altermondialiste De la SF utopiste, avec une couverture pour le moins kabbalistique qui laisse penser qu’on va lire une histoire d’extra-terrestres! La préface de l’éditeur parle d’un roman d’anticipation qui inaugure la collection ProjeXion-SF. La première fois que j’ai eu le livre dans les mains, j’avoue donc avoir été un peu déboussolé. Plus jeune, je lisais beaucoup de SF, surtout Asimov et son cycle Fondation, et presque tout Philip K. Dick qu’on m’offrait en étant sûr de faire plaisir. Mais ça devait bien faire 10 ans que j’avais déserté la SF. Question anticipation, j’avais justement fini les grands romans “dystopiques” (1984 de Orwell, Le Meilleur des Mondes de Huxley). Avec Adae, première page, on tombe sur 4 symboles ésotériques, des cercles et des points, puis une sorte de dictionnaire, puis un prologue qui commence ainsi: Je vous laisse imaginer la stupeur qui s’emparait de moi alors que je venais juste de m’engager à le lire pour donner mon avis… Adae, un livre de SF ? Assurément. Même si l’histoire pourrait se situer aujourd’hui même. Le point de départ est une découverte archéologique au Soudan: des inscriptions indéchiffrables qui pourraient apporter à l’humanité un message universel d’espoir… Sinon, le reste de l”aventure prend pied dans le monde d’aujourd’hui. Adae, un livre d’anticipation ? Là c’est moins sûr. Il y a ceux pour qui la mondialisation est “heureuse” et ceux qui la combattent parce qu’elle est inhumaine. De nombreux personnages sont de doux utopistes: un gérant de coopérative au Moyen-Orient, un directeur d’une revue écologiste, des désobéissants volontaires d’Australie, un représentant du micro-crédit et du commerce équitable invité à l’OMC (on peut rêver !). Face à eux des archéologues égocentriques, des mercenaires et des patrons orgueilleux. Disons que la plupart des livres d’anticipation sont plutôt “noirs” alors qu’Adae verse plutôt dans l’optimisme. Mais après tout… on en a bien besoin ! Un livre humoristique ? Quant au héros, Paul, il est bien plus une sorte de anti-héros que l’on suit sur une voie initiatique. Vaguement sensible aux revendications sociales, écologiques et altermondialistes, il rate toujours ses rendez-vous avec l’Histoire, mais sait apprivoiser les arguments de ses amis plus impliqués. Les passages fourmillent d’ironie (on trouve une journaliste nommée Odile Deray comme dans le film La cité de la peur) et les soixante définitions qui parsèment le roman sont toujours croustillantes. Le comble: on trouve une règle du jeu du dictionnaire en plein milieu du livre. Un roman altermondialiste ? Voilà une étiquette certes réductrice mais qui correspond assez bien à l’ouvrage. Car les idées sur l’écologie, l’anti-capitalisme, l’argent, la biodiversité, le respect des cultures, tout cela est fort bien exposé par les personnages. L’intrigue et l’action nous portent avec légèreté au cœur des questions que tout le monde se pose ? Pourquoi le monde est-il ainsi ? Qu’est-ce qui bloque chez l’être humain, qui fait qu’il est plus dans la prédation, la compétition plutôt que l’entraide et la coopération? Des questions difficiles et qui peuvent lasser ceux qui d’habitude préfèrent répondre “c’est comme ça, on ne peut rien y faire“. Mais c’est justement à eux qu’il faut faire lire Adae ! En conclusion, Adae, écrit par Bertrand Bouton et Xavier Daniel, est un livre qui est à l’opposé du livre qu’auraient pu écrire Xavier Bertrand et Daniel Bouton… D’autres avis sur le livre Adae 3 commentaires sur “Adae, au coeur du roman altermondialiste” AU passage une très bonne année à vous Candide says: De quoi pourfendre les élucubrations du gars cité dans l’article du dessus (le psychopathe du DD) Ce sera mon voeux pour cette année 9 guillaume says: |