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janvier 2010, chronique de Julien MORGAN http://www.psychovision.net/livres/critiques/fiche/642-spheres
Depuis plus d'une décennie, Jean-Michel Calvez se promène allègrement de fleuves noirs en rivières blanches au long des ruisseaux de la SF bien de chez nous, qui fantasme sur New York mais n'a pas peur de séjourner en Bretagne... Après un premier tir chez Interkeltia (L'arène des géants), monsieur Calvez (le monsieur que tout le monde aurait voulu avoir comme prof de physique au lycée) revient et plante une sphère noire et dantesque au milieu de l'Atlantique un beau jour de 2012 (cette année commence à me courir), le temps d'une nouvelle histoire comme Interkeltia les affectionne tellement : remplies d'extraterrestres mystiques et de pauvres hominidés bien seuls sur leur troisième caillou à partir du soleil. Comme il est amusant de relire les quatrièmes de couverture d'Interkeltia une fois le livre refermé : les bougres ne manquent pas d'humour ! Pour subtiliser la ligne très ironique dont il est question (et dont on ne décèle l'ironie qu'une fois au bout du voyage...), il est bel et bien question "d'encaisser le choc" dans ce roman bien ficelé et redoutablement malin. Mais le must (et là où à mon sens l'espièglerie de Jean-Michel Calvez prend toute sa dimension), c'est que Sphères est un roman plié et replié à l'infini sur les thèmes qu'il développe... Je vous propose donc, pour en extraire la substantielle moelle, de jouer à un petit jeu : à l'instar de Sid, cherchez une analogie dans la vie de tous les jours pour décrire les évènements narrés dans le roman. Car c'est entre les lignes que Sphères est grinçant, cynique... sardonique. D'ailleurs, vous n'avez pas remarqué ? Il y a un "s" à "Sphères"... C'est pour mieux nous dire : attention, Dieu (ou son alter ego allogène), est dans les détails !
Et si c'était ça la science-fiction intelligente ? ("Oh non, on va encore rentrer là-dedans...") Bon, d'accord. On se contentera de dire qu'il est vraiment agréable et rafraîchissant de se laisser emporter dans une histoire comme Sphères, une histoire stimulante dans être rédhibitoire - et c'est chose rare, de nos jours ! Notons enfin que sur le plan scientifique, Jean-Michel Calvez s'en tient au béton armé. S'il élude ces détails mortellement ennuyeux et rébarbatifs que sont les "dispositifs anti-gravifiques" et autres Einsteineries (mais de toute façon, tous les auteurs de SF en ont assez de devoir justifier des lois physiques qui n'existent qu'idéalement pour les voitures volantes), il se fait pardonner en soignant méticuleusement ses E.T. et leur technologie très, mais vraiment très différente de la nôtre. Et dans notre SF parfois trop décadente, c'est un bon bol d'hydrogène.
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