Chers lecteurs,

Ceci n'est pas un blog qui s'enrichit au jour le jour, ici 24 heures représentent peut-être six mois.
Cela donne l'avantage de ne dire que des choses importantes et avec du recul.

 

Christel Seval     

 

 

Ci-dessous :
La révolution des "Créatifs culturels"
Enquête Américaine

 



  Le miracle de Fatima
La plus grande opération
de communication
extraterrestre des temps modernes




Journal d'un éveil
  90 expériences d’un
  autodidacte du spirituel
collections livres
 
La révolution des « Créatifs Culturels »


Nous sommes à un tournant crucial pour notre civilisation, un carrefour plein de dangers pour notre planète. Cette nécessité de trouver la meilleure route à suivre pour avancer est la question la plus urgente de notre époque.

Les « modernistes », le courant culturel dominant le monde occidental et la planète, nous ont conduit là où nous sommes : pollution de l’air, des eaux, des sols ; télévision qui telle un gigantesque monstre publicitaire transforme notre vie politique en une grande loterie dépendant de financements privés toujours plus importants ; destruction massive des forêts, exploitation abusive des océans ; production à grande échelle d’armes de destruction totale ; prolifération de conflits armés ; explosion démographique qui va entrainer un dangereux dépassement de la capacité de charge de la planète ; valeurs basées sur l’individualisme, la compétition, le consumérisme ; abandon de nos Anciens ; exacerbation des frictions interethniques, interreligieuses, intergénérationnelles ; fausse démocratie populaire en réalité dirigée par des lobbys financiers dominants : banque, pétrole, armement ; lobby pharmaceutique imposant des fausses solutions, etc…

Sommes-nous suffisamment proches de la maturité pour prendre des décisions qui nous permettent de rester en vie, nous et le reste des êtres vivants 

Ce qu’il nous faut maintenant, ce sont des cartes et des plans pour une nouvelle Terre, territoire inconnu ( Et ne crois pas que tu sais où tu vas. Parce que si tu sais où tu vas, ça veut dire que tu y es déjà allé, et à l’arrivée, tu vas te retrouver exactement à l’endroit d’où tu es parti ( Naomi Newman ) ). Comment raconter une histoire qui n’a jamais été racontée ? En construisant l’équivalent de nouveaux feux tribaux autour desquels les gens peuvent s’asseoir et dire la vérité de ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu personnellement, et comment ils le comprennent.

Selon le mythologue Joseph Campbell, une société ne peut fonctionner de façon cohérente sans avoir un mythe commun, partagé de tous. Or il n’y a pas de mythe s’il n’y a pas d’ouverture sur la transcendance. La première fonction d’une mythologie est d’ouvrir le cœur et l’esprit des gens sur le mystère absolu que représente le fait d’être dans l’univers. Les « créatifs culturels » posent la question des finalités de l’existence humaine et se situent donc dans une dimension métaphysique. Si des changements politiques majeurs seront indispensables pour faire face aux défis planétaires, ils nécessiteront une évolution des mentalités qui ne sera sans doute possible que par un bouleversement spirituel.

Pour les « créatifs culturels » spiritualistes, il ne fait aucun doute qu’une réaction profondément intime et émotionnelle au sort de la planète est le fondement essentiel, sans doute le mieux approprié et le plus intelligent, à tout engagement sérieux pour la sauvegarde de la planète, l’amélioration de la société et la survie de l’humanité

Les « créatifs culturels » n’ont aucune idée du nombre qu’ils représentent, ils ne réalisent pas que les nouveaux choix qu’ils effectuent sont partagés par tout un sous groupe culturel entier. Ils n’ont pas encore acquis le sentiment d’un « Nous » comme identité collective. Ils n’ont pas de représentation collective d’eux-mêmes. Comme si ils n’avaient jamais eu de miroir suffisamment grand, et au reflet suffisamment clair pour voir leur propre visage ( question de John Leonard dans Smoke and mirrors : « comment se fait-il que nos miroirs culturels soient devenus aussi déformants, et leur reflet aussi flou ? » ).

Quand on se retrouve avec 50 millions de personnes qui se sentent isolées ( créatifs culturels aux Etats-Unis ), c’est que les convictions de ces personnes, les choses pour lesquelles elles se battent, ne sont pas reflétées dans la culture dans son ensemble. Leurs opinions ne sont pas souvent exprimées sur leurs lieux de travail, ni dans la sphère politique, à la télévision, ni dans la presse populaire. C’est ce problème dont parle l’auteur Thomas Moore quand il écrit : « Profondément enfouie au cœur de la vie américaine repose une âme endormie, quasiment oubliée par les politiciens et les médias qui la considèrent trop faible et trop peu intéressante pour mériter sérieusement plus d’attention ».

Les « créatifs culturels » ne sont pas un ensemble éparpillé et sans cohérence, ils sont la manifestation d’une lente convergence de mouvements et de courants jusqu’alors distincts vers une profonde modification de notre société ( écologiques, droits de la femme, protection sociale, droits des minorités, commerce équitable, altermondialistes, anti OGM, anti pesticides, anti pub, mouvements psychologiques, spirituels et religieux pour la réalisation de soi, anti intégristes, pacifistes, micro-crédits, associations bénévoles, ONG, mouvements pour l’alimentation bio, pour les médecines douces, etc… ).

L’enjeu pour les « créatifs culturels » est désormais de se compter, c'est-à-dire de prendre conscience de leur existence en tant que groupe. Une fois ce constat fait, il y aura nécessité de se fédérer, de créer des liens et de se rencontrer pour agir ensemble, au niveau local, national et international.

Notre action d’édition, chez Interkeltia, a pour but de promouvoir le mouvement des « créatifs culturels » sous toutes ses dimensions, d’enrichir des réseaux entrecroisés, ouverts et fluides, dans le champ des pratiques sociales innovantes.

Nous sommes des agents du changement. Notre minorité créative est suffisamment importante désormais pour que nous puissions réagir positivement aux défis de notre époque. Allons à la rencontre de l’avenir.

 

 Enquête américaine




Êtes-vous un « créatif culturel » ?

juin 2008 : Interview de Jacques Seval pour ACTU-SF Interview

octobre 2008 : Crise financière

Eh oui, le ciel nous tombe sur la tête... C'est l'occasion de dire que les livres Interkeltia tels que "Embarquement pour Citerre" ou "Adae" ou bien encore "l'Ascension", parlent de cet évènement et sont au coeur même du problème. Nous évoquons ici la crise systémique de notre civilisation, et nous évoquons heureusement des pistes de sortie, qu'elles soient économiques ou spirituelles. Les auteurs de ces livres, pour ne citer qu'eux, avaient bien entendu "prévu" que le capitalisme débridé nous menait droit dans le mur, et les réponses qu'ils apportent, que ce soit au travers de fictions ou d'analyses, sont autant de chemins possibles de rédemption.

Mai 2010 : Crise financière et économique et sociale ( crapaud rouge )

Quand cessera donc la lancinante musique de la « rationalité » du capitalisme que l’on répète à l’envi sans avoir conscience de la montagne de préjugés sur laquelle elle repose ? Des commentaires sur ce blog obligent à se poser la question, par exemple ceux qui défendent l’idée d’un « contrôle a priori des budgets nationaux » par la Commission Européenne :

 « Le rejet apparemment très large de la dernière proposition de contrôle a priori des budgets des nations européennes, sonne pour moi, par ce qu’il sous-tend, comme un glas d’un espoir de l’expression de la volonté d’un destin commun. » ( Juan Nessy )

 « L’idée d’un contrôle a-priori des budgets nationaux par la Commission de Bruxelles a tout de suite suscité l’ire de Paris, ce qui veut dire que la bonne gouvernance des politiques économiques a déjà du « plomb dans l’aile ». L’idée d’un « gouvernement économique de l’Europe » a peu de chances de se réaliser. » ( Coligny )

J’ai choisi cet exemple parce qu’il est emblématique du rationalisme. Contrôler a priori les budgets, afin de ne pas dépenser plus qu’on ne gagne, est très rationnel, c’est même du bon sens en béton, décalqué du fait qu’il est matériellement impossible de vendre plus qu’on ne produit, tout comme il est impossible qu’une balle rebondisse plus haut que son point de départ. Cette idée peut de surcroît s’appuyer sur le succès économique de l’Allemagne, universellement réputée pour son sérieux, qui prétend aller jusqu’au « déficit zéro ».

Et pourtant… ça cloche ! Première pierre d’achoppement : si cette idée est aussi rationnelle qu’il y paraît, pourquoi les budgets de toutes les nations ne sont-ils pas déjà équilibrés ? Ou encore : puisque l’on vit depuis des siècles en régime capitaliste politiquement organisé et établi en toute légitimité, comment expliquer que cette idée rationnelle n’a jamais été mise en pratique ? Quand on sait le pouvoir d’influence des capitalistes auprès de la classe politique, il est étrange qu’ils laissent se creuser des déficits au point qu’en périodes de crise ils se trouvent eux-mêmes menacés.

Seconde pierre d’achoppement : qu’une idée soit rationnelle n’implique pas qu’elle est un argument rationnel là où elle se présente dans un débat. Cette idée de contrôle ignore les causes structurelles des déficits, ainsi que le contexte politique. Avant d’envisager un tel contrôle, il conviendrait que le pouvoir politique exerce le sien de façon générale ( et rationnelle ! ) sur l’économie, la monnaie, la finance, l’environnement, etc., c’est-à-dire sur tout ce qui impacte son budget. Cette idée met donc la charrue avant les bœufs : pas très rationnel.

Une idée rationnelle n’est donc pas toujours rationnelle, et ce n’est pas un paradoxe de l’affirmer. Ne peut être rationnel qu’un rapport entre des faits ou des idées selon l’archétype du syllogisme : cela oblige à choisir préalablement idées et faits, car on doit les mettre en relation avant tout diagnostic de rationalité. Or, dans la réalité, ils se présentent en nombres incommensurables, intriqués et inséparables, de sorte que la rationalité dépend de notre volonté de la distinguer au milieu d’une réalité qui ne fait d’abord entendre qu’un bruit de fond. Se rappeler Shakespeare pour qui la vie est « une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien » Le capitalisme ne semble rationnel que parce que l’on veut le voir comme tel, pour toutes sortes de raisons faciles à imaginer.

Il va sans dire qu’il est « rationnel » vu par lui-même. Le profit étant considéré comme chose rationnelle, « faire des profits » est rationnel, « réduire les coûts » est rationnel, « faire pression sur la sous-traitance » est rationnel, « licencier » est rationnel », « diminuer les salaires » est rationnel, « automatiser » est rationnel, « fusionner » est rationnel, « délocaliser » est rationnel, « restructurer » est rationnel, « les normes comptables » sont rationnelles, les « techniques de vente » sont rationnelles, etc. etc. ad libitum. De la « rationalité » du principe initial découle celle de tout le capitalisme ! Extraordinaire, non ? Quand une ministre de la Santé prend un décret qui autorise des dérogations pour que des matériaux radioactifs puissent être recyclés en matériaux de construction, – mais en conservant leur radioactivité sinon c’est pas drôle -, c’est « rationnel » itou car, de la sorte, on produit des matériaux à des « coûts compétitifs » qui peuvent donc se vendre avec profits, alors que, sans cela, il faut payer le coût de leur entreposage ou de leur décontamination : pas rationnel. Sur le modèle de cet exemple, qui est loin de faire exception, le capitalisme peut se permettre absolument tout et n’importe quoi : il sera toujours « rationnel ». Il est donc « rationnel » de lui abandonner le pouvoir, de ne pas instaurer la démocratie au sein des entreprises, de fermer les yeux sur ses exactions, d’aider les capitalistes de toutes les façons, et de bloquer toute opposition à leur égard.

En paraphrasant Wittgenstein pour qui, « dans un monde où tout est bleu, le bleu n’existe pas », on peut dire que dans ce monde capitaliste où tout est rationnel, la rationalité n’existe plus. En tout cas, elle se trouve réduite à sa plus simple expression, quelque chose comme cette règle qui consiste, pour sortir d’un labyrinthe, à suivre continuellement le même mur : soit celui à sa droite, « faire des profits », soit celui à sa gauche, « ne pas faire de pertes ». Si maintenant on s’élève au-dessus du capitalisme au lieu d’en suivre les murs comme des cafards, que voit-on ? Un labyrinthe qui se construit et déconstruit en permanence, sans aucun plan ni projet, un machin monstrueux auquel personne ne comprend rien, que personne ne maîtrise plus, que le plus grand nombre subit et qui ne profite qu’à quelques uns. La rationalité dans l’action se caractérisant par l’adéquation des moyens aux fins recherchées, le capitalisme se garde bien de s’aventurer dans le moindre projet global ou à long terme : il se ferait forcément pincer en flagrant délit de non rationalité.

Et ce machin monstrueux, dont l’absurdité shakespearienne devrait sauter aux yeux, s’est immiscé dans certains esprits comme le parangon du rationalisme, du réalisme, de la performance, de la nécessité, et même de la morale ! Première preuve : on déplore ses excès et ses déséquilibres, son endettement généralisé, ses crises, son « aléa moral », ses comptes trafiqués, sa finance opaque, ses paradis fiscaux, ses pollutions, son absence de vision à long terme, etc. : on déplore ce qu’il est mais personne ne dit qu’il est absurde. Deuxième preuve : les économistes, récompensés par de prestigieux « prix Nobel », n’en finissent pas de vouloir l’amender, de le perfectionner et de nous l’expliquer, de nous dire ce qu’il faut faire et ne pas faire, mais aucun n’a jamais dit qu’il est absurde. Troisième preuve, la plus déterminante : on cherche à appliquer ses recettes, ( budget, concurrence, évaluation, sélection, rentabilité,… ) dans tous les domaines de l’existence pour tirer parti de ses « vertus », de son « efficience », afin d’en finir avec tous ces gens qui ne veulent rien foutre et plombent les bilans. ( Chercheurs, artistes, profs, chômeurs, handicapés, femmes, enfants, vieillards, malades, prisonniers… ) Se disant porteur d’une « morale », celle de « la dure loi de la vie, dure mais juste », il prétend donner ses chances à tout le monde, (hormis la « racaille » des banlieues et les immigrés clandestins, faut pas pousser…), mais fait payer de plus en plus cher sa « rationalité » et ses « bienfaits ». En témoignent ces 800.000 litres de pétrole qui jaillissent chaque jour au large de la Louisiane, sans que l’on sache, à l’heure où j’écris, si le puits accidenté pourra être un jour colmaté ou détourné.

De la rationalité du capitalisme découle l’irrationalité de tout ce qui n’est pas capitaliste, et tout ce qui n’est pas capitaliste se range sous la bannière honteuse des pertes, lesquelles ne peuvent être que subies par l’environnement et imputées au compte de l’environnement. C’est pourquoi l’État et ses œuvres, ainsi que la société civile et ses associations citoyennes, ne peuvent pas être « rationnels ». Idem pour les pertes des entreprises, qu’elles apparaissent au détour d’un bilan ou sous forme de pollutions et d’épuisement des ressources : elles ne peuvent que finir « socialisées », car elles le sont par principe depuis les origines, depuis l’utilisation « rationnelle » de la machine à vapeur qui consomme des ressources naturelles et rejette dans l’environnement ses résidus de combustion. Mais surtout, la rationalité étant devenue un principe de « gouvernance » aussi incontournable que la pesanteur, et celle du capitalisme étant particulièrement facile à comprendre, ( une seule combinaison gagnante : « profits et non pertes » ), il ne faut pas s’étonner que l’on cherche à l’appliquer dans tous les secteurs d’activité. Les politiques et les médias y trouvent leurs contes, car cette rationalité-là est un réservoir inépuisable de solutions, projets, réformes et autres promesses d’avenir radieux, mais aussi leurs comptes, car ils sont récompensés en priorité par les capitalistes. On imagine mal Sarkozy, Merkel, Strauss-Kahn et consorts se trimbaler partout comme Evo Morales, le « président pull-over ».(1)

Maintenant il devrait être plus facile de comprendre pourquoi les budgets des états ne peuvent être que déficitaires, et leurs finances plombées par les dettes : parce qu’il y a toujours des « pertes » impossibles à dissimuler du fait que l’espace est divisé en deux : à ma droite, les profits privés, localisés et identifiés, à ma gauche les « pertes » publiques, non localisées et non identifiées par le capitalisme : en fait, les êtres et les choses dans leur état naturel. A droite, l’activité capitaliste produit des résidus qui n’apparaîtront toujours que trop tard à gauche, par exemple quand on découvre qu’il faut s’occuper de la main-d’œuvre qui avait été « importée », exploitée et sous-payée, puis abandonnée. Dans le champ de droite, elle n’existe plus, dans celui de gauche, elle se maintient en vie comme les déchets nucléaires, ce qui ne représente pas mon opinion personnelle bien sûr, mais une équivalence logique selon la « rationalité » capitaliste. Mais avant de rejeter ses résidus, le capitalisme les avait aspirés dans leur état naturel, par exemple sous forme de forêts primaires, de sols fertiles, d’eau propre,… toutes choses que je qualifie de non localisées et non identifiées par lui car il faut qu’il s’en empare pour leur reconnaître une existence dans le cadre de sa propre « rationalité », la seule qu’il connaisse. Après en avoir tiré ses profits « rationnels », il les rejette, généralement dans un état désastreux : elles retrouvent alors le champ de gauche qu’elles n’auraient jamais dû quitter, et, dans leur périple, leur « entropie » a augmenté (2), ce qui se manifeste chez les humains par la dégradation de leurs liens sociaux, la perte de leurs traditions, autonomie, savoir-faire et connaissances.

Voilà, ça fonctionne comme ça, le capitalisme militaro-industriel. Alors, avant de foncer tête baissée dans une idée capitaliste « rationnelle » et pleine de bon sens, comme cette histoire d’équilibre budgétaire qui m’a inspiré ce texte, il faut y réfléchir à deux fois. Si vous avez envie de sortir de son labyrinthe, ce n’est pas sur lui qu’il faut compter. Lui, c’est le Minotaure.

Mai 2010 : Crise financière et économique et sociale ( Paul JORION )

(*) Un « article presslib ' » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Un système sain présente en général une très grande capacité à supporter la présence de parasites. Mais si ceux-ci pullulent alors, passé un certain seuil dans l’affaiblissement, leur présence peut tuer l’animal. La mort de l’hôte n’est pas dans l’intérêt du parasite mais comme il ne sait rien faire d’autre que d’être ce qu’il est selon sa nature, il n’interrompt pas son effort, provoquant la perte de son hôte ainsi que la sienne propre.

On en a eu l’illustration en 2009 : alors que l’économie était toujours dans les derniers dessous, le secteur bancaire, sauvé par les aides étatiques, retrouvait la santé et dispensait à nouveau ses largesses à ses dirigeants et à ses employés les plus talentueux dans l’accumulation du profit. Largesses qui ne trahissaient pas la folie, mais ne faisaient que refléter la proportion colossale dans laquelle ce secteur parvenait à nouveau à détourner vers lui la richesse. Quand les politiques proposèrent de plafonner les bonus, ils choisirent d’ignorer que ces primes indécentes n’étaient que des commissions relativement modestes sur des sommes elles à proprement parler pharamineuses. Quand des velléités apparurent de taxer ces profits monstrueux, les financiers firent immédiatement savoir que toute charge ponctionnée sur leurs opérations serait automatiquement répercutée par eux sur leurs clients. Vu l’impunité de principe dont ils bénéficient, cela aurait sûrement été le cas.

Au cours des semaines récentes, le travail d’investigation des régulateurs et les bureaux des procureurs d’États américains a mis toujours davantage en lumière le rôle joué par la simple cupidité dans le déclenchement de la crise. L’économie étant devenue au fil des années l’otage du secteur financier – et ceci, d’intention délibérée, par choix idéologique – s’effondra dans son sillage. Les États se précipitèrent alors au secours de ce secteur financier, en raison du risque systémique que son écroulement faisait courir. Mais en se refusant à opérer dans les activités financières un tri entre celles utiles à l’économie ( ce que Lord Adair Turner, président de la FSA, le régulateur des marchés britanniques appelle les transactions « socialement utiles » ) et celles dont la seule fonction est de siphonner une partie de la richesse vers les plus grosses fortunes. Les États ayant épuisé leurs ressources, imposent ce qu’ils appellent l’« austérité » ou ( pourquoi se gêneraient-ils ? ) la « rigueur », c’est-à-dire se tournent vers les classes populaires et les classes moyennes en exigeant d’elles par un impôt non-progressif et en opérant des coupes sombres dans les mesures de protection sociale en place, de rembourser les sommes manquantes.

La logique en marche est implacable : une évolution a eu lieu, d’une situation où le parasitisme de la finance était relativement tolérable à une autre où il a cessé de l’être. Les États, et les organismes supranationaux peut-être encore davantage, au lieu de tenter d’exterminer le parasite, se tournent au contraire vers l’animal et exigent de lui un effort supplémentaire. Comme c’est de sa propre survie qu’il s’agit désormais, la réaction de celui-ci est prévisible.

Imbécillité profonde des États, encouragée par les « vérités » charlatanesques de la « science » économique, ou complicité caractérisée avec les ennemis de leurs peuples ? Au point où l’on en est arrivé, la distinction a cessé d’être pertinente. Facteur aggravant : ces mêmes États ne manqueront pas de considérer que les sursauts des peuples, réaction saine de leur instinct de survie, sont excessifs et les condamneront, sans penser à leurs erreurs et à leur propre responsabilité dans l’aggravation de la crise.

Un retour à la progressivité de l’impôt est souhaitable. Pourrait-elle seulement être réinstaurée – ce qui paraît peu probable vu le pouvoir historique de l’argent à prévenir un tel rééquilibrage – qu’elle ne parviendrait encore qu’à figer la concentration de la richesse dans son état présent. Or cette concentration est telle aujourd’hui qu’aucune économie ne peut plus fonctionner dans son cadre : les ressources font à ce point défaut là où elles sont requises comme avances dans la production des marchandises ou comme soutien à la consommation des ménages, que le montant des intérêts versés compris dans le prix de tout produit ou service rend celui-ci excessif. Il faudra donc remédier à la concentration des richesses telle qu’elle existe dans son état présent. C’est seulement après qu’une certaine redistribution aura été opérée qu’une imposition progressive pourra s’assurer que le processus de concentration ne reprenne une nouvelle fois son cours mortifère. Bien sûr, ceux qui ont accumulé des fortunes colossales s’affirmeront spoliés ( le mot « liberté » sera sans aucun doute galvaudé par eux une fois encore ) et prétendront que la possession de ces sommes leur est indispensable pour être ceux qu’ils sont à leurs propres yeux. La réponse qu’il faudra leur opposer est que l’image qu’ils se font d’eux-mêmes importe peu puisque leur fonction est claire désormais : ils se contentent de pomper le sang de leur hôte. Quant à celui-ci, la dégradation généralisée du capitalisme l’a acculé à faire un choix entre sa propre survie et celle des parasites qui l’infestent. Et ce choix, il l’a fait.

 

Retour haut de page

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


--> Mentions Légales

spiritualité science fiction X-files ovni changer la vie trekking contre enquête