LE FAUX MIRACLE DE FATIMA par Gilles PINON
Avant-propos
Bienvenue aux extraterrestres
Sommes-nous seuls dans l’univers ? Cette question soulève de nouveau l’intérêt des médias depuis la toute récente découverte dans la galaxie de plusieurs dizaines d’exoplanètes. La méthode est à présent bien au point. Les astronomes parviennent à détecter une planète encore inconnue grâce aux perturbations qu'elle provoque dans le mouvement et le rayonnement de son étoile. En mesurant l’intensité et la fréquence des perturbations, ils peuvent déterminer sa taille et la distance qui la sépare de l’étoile. Il ne se passe plus de mois sans qu’un observatoire annonce une nouvelle détection.
On est aujourd’hui fondé à penser que les systèmes planétaires sont extrêmement communs dans l’univers. L’existence avérée d’exoplanètes proches du système solaire a d’un seul coup multiplié par plusieurs milliards la probabilité que se situe quelque part dans la galaxie un autre monde habitable. Cela amène une multitude de questions.
La vie est-elle une propriété exclusive de la Terre ou est-elle normalement présente partout où sont réunies les conditions pour la recevoir ? Revêt-elle ailleurs des formes radicalement différentes ? Les êtres biologiques extraterrestres doués d’intelligences, s’ils existent, ont-ils une physiologie semblable à celle de l’homme ? Vivent-ils en sociétés organisées ? Erigent-ils leurs sociétés en civilisations ? L’invention est-elle, comme chez l’homme, le moteur principal de leur évolution sociale ? Dans l’hypothèse où certains auraient acquis la capacité d’explorer l’espace et de nous rendre visite, quelle stratégie adopteraient-ils ? Quelle procédure d’approche appliqueraient-ils ? Des signes de leur présence sont-ils déjà perceptibles ? Quelle est leur éthique ? Reconnaît-elle une vérité morale ? Renferme-t-elle un idéal de paix ? Un niveau supérieur de civilisation peut-il procéder d’une axiologie où le nihilisme l’emporterait sur l’humanisme, le bellicisme sur le pacifisme ?
Pourquoi des esprits pénétrants proposent-ils des réponses contradictoires à ces questions fondamentales qui n’ont pas encore été tranchées par l’histoire ni par la science ?
Tout est question de perspective. Les réponses relèvent des idiosyncrasies, des convictions et de la portion d’espace et de temps dans laquelle on enferme sa pensée. Elles dépendent de la capacité de chacun de combattre son penchant à ne retenir que les faits qui confortent ses convictions et à rejeter ceux qui tendent à les infirmer. L’illusion de détenir la vérité est si tenace qu’il n’est pas facile de s’en libérer face à des faits incommodes et insolites.
Pour schématiser, plus on se fixe un horizon éloigné et plus on prend de recul par rapport à sa propre époque, son propre mode de vie, sa propre culture, moins les réponses sont entachées de sectarisme et de dogmatisme et plus elles tendent à l’universel. L’universel conduit toujours à la simplicité des lois, comme en rêvait Einstein, à la réduction des singularités, à l’unicité du savoir, à la convergence des théories, des formes et des idées. C’est un principe assez bien admis. On pourrait l’appeler le « principe de distance suffisante ». Il guide les scientifiques et les philosophes qui s’évertuent à s’affranchir des traditions, des préjugés et de toute opinion préconçue dictée par le milieu, l’époque ou l’éducation.
Les exemples ne manquent pas, en sciences de la nature comme en sciences sociales : l’héliocentrisme de Copernic qui défendait le concept d’une Terre mobile autour du Soleil l’a emporté sur le géocentrisme de Ptolémée qui faisait de la Terre le centre de l’univers ; la philosophie des Lumières qui avançaient l’idée d’un univers ordonné et intelligible a eu raison du credo des théologiens qui croyaient à l’existence de vérités essentielles inaccessibles à l’esprit humain ; l’évolutionnisme de Darwin qui affirmait l’évolution des êtres vivants par la sélection naturelle a balayé le fixisme qui enseignait la création divine originale de toutes les espèces.
Le présent livre touche à un certain nombre de sujets ayant trait, de près ou de loin, à la place de l’homme dans l’univers et à ses relations avec les différentes forces et entités, inertes ou vivantes, matérielles ou spirituelles, existentielles ou eidétiques, qui composent le cosmos pris dans ses deux acceptions, philosophique et spatiale. Les positions qu’il soutient résultent constamment d’une perspective macrocosmique. En s’astreignant à une vision aussi large que l’y autorisent les limites de la connaissance et de la raison, on replace l’homme microcosmique à sa juste place, assurément dérisoire et peut-être éphémère, au sein du macrocosme, on est en accord avec le « principe de distance suffisante » et l’on se trouve dans la meilleure posture pour éviter le piège des fausses certitudes.
Les fondements de la thèse que nous défendrons tiennent en quelques idées simples que ne démentiraient pas a priori les tenants d’un univers cohérent et compréhensible :
- Dieu, s’il existe, n’entend pas établir avec sa création des relations qui le mettraient en rupture avec les lois de la nature qu’il a lui-même instituées.
- Nous ne sommes pas seuls dans l’univers. La vie y est généreusement distribuée et s’y développe en application de principes de convergence biologique et éthique.
- Selon toute vraisemblance statistique, des civilisations d’autres planètes ont acquis des niveaux de connaissance leur donnant la maîtrise de l’espace.
- Nous sommes aujourd’hui sur le point d’accéder au statut de civilisation interplanétaire. Partant, les civilisations avancées de la galaxie ne peuvent pas plus longtemps nous maintenir dans l’ignorance de leur existence.
- Des signes, ostensible et ostentatoire comme Fátima, ou discrets et brouillés comme les ovnis, donnent à penser qu’une opération subtile et graduelle de prise de contact est en cours.
Faisons preuve de discernement. Il nous revient d’accueillir dignement nos visiteurs venus du ciel. Ne nous méprenons pas sur leurs intentions. Leur stratégie reposera sur la discrétion et le camouflage aussi longtemps que durera notre apprentissage de Fátima et du phénomène ovnien. Le contact se fera en temps et lieu lorsque nous y serons préparés, intellectuellement et moralement. En deux mots, nos visiteurs, en hôtes attentifs et patients, attendent un message de bienvenue. Ne tardons pas à le leur adresser.
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